Du samedi 31 janvier au dimanche 3 mai 2015

« Une soupe en automne » / Robert Milin

« Une soupe en automne » / Robert Milin

Du samedi 31 janvier au dimanche 3 mai 2015


Sensible au quotidien, au modeste, Robert Milin développe une pratique au sein de laquelle l’individu est central. L’observation et les interactions avec les gens constituent les «  matériaux  » de ses œuvres. Cela n’implique pas pour autant que la question de la production de l’œuvre se dissolve dans un pur jeu relationnel. Au contraire, les modalités de «  mise en œuvre  » décidées par l’artiste guident le processus de production et la participation de chacun. Son travail cherche ainsi à aborder «  le contexte qui ne jouerait plus comme seul décor  » en considérant l’œuvre produite comme étant «  le moyen d’une relation à autrui rendant aussi possible une autre perception d’un lieu de vie1  ». Ces travaux, qui bousculent les catégorisations traditionnelles de l’art, s’inscrivent plus largement dans les questionnements qui constituent le fil directeur de La cuisine quant à la place de la création dans la fabrique du monde.

Stéphanie Sagot
directrice artistique et scientifique

1 Robert Milin. Palais de Tokyo / édition Joca Seria, 2004



L’exposition de Robert Milin regroupe quatre œuvres : Une soupe en automne, Parler aux bêtes, Nos petites résistances (les correspondances de Gérard Margerite) et Solutions Pratiques.

Elles ont pour point commun l’emprunt d’une pratique : manger, parler, fabriquer, inventer, afficher… Ce sont des pratiques qui semblent anodines quand elles sont dans le flux de nos vies.

Une Soupe en automne est un portrait vidéo d’habitants de Tarn et Garonne à table, Parler aux bêtes est une œuvre sonore sur le monde rural et Solutions Pratiques est un ensemble de vidéos et d’objets qui nous parlent d’inventions du quotidien.

L’œuvre Nos Petites Résistances, est ici atypique car il n’y a pas eu à l’origine ces rencontres physiques comme dans toutes les autres œuvres de Robert Milin. La relation est épistolaire. Néanmoins Gérard Margerite, ce personnage imaginaire écrivant ces lettres, est lui caractéristique par son refus des « allant de soi », il ne peut s’empêcher de les pointer dans ces courriers.

De la même façon, Robert Milin remarque des pratiques banales lors de ses rencontres avec des habitants et des lieux et il s’en saisit. Il extrait ces pratiques de leur contexte, leur impose une légère mise en forme et les déplace vers le champ de l’art, troublant ainsi la familiarité qui nous lie à celles-ci. Ce trouble laissant alors poindre la portée perturbatrice de ces œuvres quant à l’articulation de l’art et de la vie. Robert Filliou proclamait que « l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art » et c’est dans cette absence de séparation nette entre l’art et la vie, dans une position au contraire transversale que prennent forme l’une après l’autre les œuvres de Robert Milin.

Robert Milin

http://milinrobert.blogspot.fr/



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Interview de Robert Milin par Claire Balerdi pour Radio Canal Sur, direct, mardi 27 février 2015 by La_Cuisine on Mixcloud

Interview de Robert Milin par Martine Calcinotto pour Radio d’Oc, vendredi 30 janvier 2015 by La_Cuisine on Mixcloud

Interview de Robert Milin par Rémy Torroella pour CFM, direct, mardi 27 janvier 2015. by La_Cuisine on Mixcloud